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Interview de Nathalie Julien - Responsable Affaires réglementaires Reach


Nathalie, pouvez-vous nous rappeler ce qu’est Reach ?

Reach est un règlement européen entré en vigueur le 1er juin 2007. Il a vocation à changer en profondeur le mode d’évaluation des substances chimiques produites ou importées sur le territoire européen. Il s’agit au final de garantir une meilleure protection de la santé humaine et de l’environnement.

 

C’est donc une bonne initiative ?

Sans aucun doute. Reach est une véritable opportunité de progrès à la fois pour les industriels et les utilisateurs. C’est vrai pour les industriels de la chimie engagés depuis des années, à titre individuel et dans le cadre de programmes internationaux, dans la gestion responsable des produits. Reach va consolider leur initiative d’amélioration continue des connaissances des substances et de leur la sécurité d’utilisation. C’est aussi vrai pour les utilisateurs qui seront davantage responsabilisés. Au final, l’industrie chimique pourra mieux répondre aux attentes légitimes de la société, renforçant ainsi la confiance à son égard.

 

Vous avez rejoint Arkema en 2007 pour travailler à l’intégration de Reach. Pourquoi ?

J’ai fait mes premières armes dans un groupe agrochimique mondial. Durant dix ans, j’y ai travaillé comme responsable homologation européenne, puis comme manager de la gestion responsable des produits au sein de la filiale française. Ce parcours m’a permis d’acquérir une vision globale des enjeux stratégiques liés à la réglementation des produits. En rejoignant Arkema, je savais intégrer une entreprise pro-active par rapport au règlement Reach. C'est-à-dire une entreprise qui en a compris les enjeux et qui se donne les moyens de faire face à l’importante charge de travail qui en résulte.

 

Reach est très lourd à prendre en charge pour les industriels de la chimie ?
En effet, ce règlement requiert beaucoup de ressources et d’expertise pour constituer les dossiers d’enregistrement auprès de l’ECHA (European Chemicals Agency). Très complets, ces dossiers comportent une description exhaustive des propriétés physicochimiques, toxicologiques, environnementales et écotoxicologiques des substances pour établir leurs dangers intrinsèques. Le cahier des charges très précis nous conduit parfois à effectuer des tests supplémentaires. Les dossiers intègrent aussi une évaluation des risques basée sur l’analyse des expositions potentielles de l’homme et de l’environnement sur l’ensemble du cycle de vie de la substance. Et cela, depuis sa production jusqu’à son utilisation finale et dans la totalité de ses applications !

 

Et votre rôle chez Arkema ?

L’essentiel de mon activité consiste à coordonner les différentes activités nécessaires à la constitution des dossiers d’enregistrement des 70 substances dont j’ai la charge. J’assure également une mission plus experte sur certains aspects techniques comme l’évaluation des risques. Pour remplir ma mission, je travaille avec de très nombreux interlocuteurs. En interne, je suis en relation avec mes collègues experts en toxicologie et écotoxicologie, les responsables HSE des business units (BU), les responsables HSE des sites de production et d’autres fonctions au besoin. A l’externe, mes contacts sont également importants, notamment avec la profession puisque Reach impose aux industriels de partager un certain nombre d’informations.

 

Etes-vous plusieurs à exercer cette mission chez Arkema ?
Nous sommes cinq à nous partager les 430 substances concernées par Reach. Je suis en charge des produits des BU Acryliques, PMMA, Oxygénés, Thiochimie, hors amines et solvants, et Additifs fonctionnels, hors peroxydes organiques.

 

En quoi Reach est-il un enjeu stratégique pour le Groupe ?
L’enregistrement des substances est essentiel pour rester sur le marché. Arkema l’a bien compris. Il suffit de revenir sur ce qui s’est passé dans le secteur de l’agrochimie où la mise en conformité réglementaire européenne est obligatoire depuis 1991. Sur 1400 substances recensées au début du processus, 400 subsistent aujourd’hui et appartiennent aux seuls acteurs industriels qui ont su relever le challenge réglementaire. Les bouleversements de marchés qui ont suivi ont été majeurs.

 

  • Le saviez-vous?

Dans les onze années qui suivront l’entrée en vigueur de Reach, plus de 30 000 substances, représentant la très vaste majorité des tonnages produits et commercialisés sur le marché communautaire, devront être enregistrées auprès de l’ECHA.

  


Les étapes 2009-2018 pour Arkema


Parmi ses 430 substances à enregistrer, Arkema recense :

  • 160 substances produites à des tonnages supérieurs à 1000 tonnes/an ou qualifiées de très préoccupantes à enregistrer avant fin novembre 2010,
  • 140 substances produites à des tonnages de 100 à 1000 tonnes/an à enregistrer avant mai 2013,
  • 130 substances produites à moins de 100 tonnes/an à enregistrer avant mai 2018.


Par ailleurs, une trentaine de substances dangereuses sont susceptibles d’être soumises à la procédure d’autorisation. Les BU concernées intègrent cette perspective dans leur stratégie et des programmes de substitution sont déjà engagés.

Arkema, Acteur de la Chimie Mondiale
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